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Ligue Communiste des Travailleurs

Section belge de la Ligue Internationale des Travailleurs -
Quatrième Internationale (LIT-QI)

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L’oppression des femmes : quelles perspectives pour les femmes travailleuses ?

On ne peut que se féliciter de l’ampleur prise par la mobilisation en faveur des droits des femmes ces dernières années, partout dans le monde. Ces mobilisations ont permis plusieurs conquêtes. Les femmes argentines et irlandaises par exemple ont ainsi arraché le droit à l’avortement, et les violences dont sont victimes nombre de femmes ne sont plus aussi taboues. /p>


Ligue Communiste des Travailleurs, section belge de la Ligue Internationale des Travailleurs - QI
25 avril 2021

On ne peut que se féliciter de l’ampleur prise par la mobilisation en faveur des droits des femmes ces dernières années, partout dans le monde. Ces mobilisations ont permis plusieurs conquêtes. Les femmes argentines et irlandaises par exemple ont ainsi arraché le droit à l’avortement, et les violences dont sont victimes nombre de femmes ne sont plus aussi taboues.

Et au-delà de la mobilisation pour des droits qui les concernent directement en tant que femmes, les femmes travailleuses se battent jour après jour dans toutes les mobilisations de notre classe : contre des lois liberticides et les violences policières, contre des coups d’état, pour un travail et un salaire digne, contre le capitalisme et toutes ses conséquences humaines et écologiques.

Ces avancées et ces luttes ne doivent toutefois pas nous faire oublier que ces conquêtes ne sont pas des acquis, et qu’elles doivent être défendues chaque jour, pied à pied. C’est ce que nous rappelle la mobilisation des femmes polonaises, qui se battent actuellement contre les décisions du gouvernement polonais de réduire quasi à néant le droit d’accès à l’IVG.

En temps de crise, le capitalisme montre son vrai visage et ce qui avait été arraché par la lutte nous est retiré afin de nous diviser, d’augmenter l’exploitation de tous et toutes en faisant pression sur les secteurs les plus opprimés de la classe, parmi lesquels les femmes.

En Belgique aussi, la mobilisation a été croissante ces dernières années. Et en Belgique aussi, les inégalités et les violences subsistent, amplifiées par la situation sanitaire actuelle. On sait ainsi que de nombreux travailleurs du secteur de la santé, impactés directement par la pandémie, sont en fait des travailleuses, que les femmes aussi sont plus nombreuses à travailler dans le secteur informel. Elles ne bénéficient d’aucun droit, d’aucune sécurité sociale ou aide face à la perte de leurs revenus due au covid19. Les violences intrafamiliales ont également augmenté avec le confinement et les situations humaines difficiles, encore amplifiées par le chômage. Quant à l’avortement, les dernières tractations pour la formation du gouvernement quant à sa sortie du code pénal montrent que ce droit est loin d’être définitivement et une bonne fois pour toute acquis.

Dans ces mouvements, les débats idéologiques sont nombreux et animés. Nous regrettons que dans tous ces débats, la perspective de classe soit peu, voire pas du tout présente. Pour nous, si les femmes de la bourgeoisie et les femmes travailleuses se rejoignent parfois sur des revendications communes, comme le droit d’accès à l’avortement par exemple, leurs réalités n’en sont pas moins diamétralement opposées. Pour les femmes travailleuses, toutes les revendications liées au travail prennent évidement une importance capitale. Pour les femmes travailleuses, pas d’employée de maison pour soulager la double journée de travail. Pour les femmes travailleuses, que faire d’un accès à l’Interruption Volontaire de grossesse (IVG) lourdement monnayé au lieu d’être gratuit ? Et des femmes chef d’état ou directrice d’entreprise ne changeront rien à l’affaire.

Pour les femmes travailleuses, il s’agit de se battre contre l’oppression liée à leur genre, mais aussi de se battre contre l’exploitation liée à leur classe. Ces deux combats ne s’excluent pas l’un l’autre, mais sont au contraire intimement liés. En effet, le système d’exploitation capitaliste tire bénéfice de l’oppression des femmes. Très concrètement d’abord, en renvoyant vers la famille du travail (courses, préparation des repas, éducation des enfants, ménage, etc.) fourni gratuitement le plus souvent par les femmes, et au niveau idéologique, en créant des rapports inégalitaires entre hommes et femmes et en divisant notre classe. La lutte contre l’oppression et celle contre l’exploitation capitaliste doivent être dès lors être menées de front et se renforcer l’un l’autre, même si mettre fin à l’exploitation ne mettra pas automatiquement fin à l’oppression. Comment ? Nous n’avons pas de réponse toute faite, et chaque mobilisation, chaque combat nous obligera à réfléchir à nouveau cette liaison.