Cher·es ami·es,
Cher·es camarades,
La Ligue Communiste des Travailleurs (LCT), section belge de la Ligue Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale (LIT-QI) tient à vous faire part du décès de notre camarade Jan Talpe.
Jan s’en est allé ce 23 avril, après des décennies d’engagement dans la lutte de classe, résolument du côté de la classe ouvrière dans toutes ses luttes, petites et grandes. Internationaliste convaincu, il a milité au Brésil, en Argentine, en Allemagne et en Belgique.
Malgré la répression, il a toujours été cohérent avec ses positions révolutionnaires qu’il a défendues jusqu’à la toute fin dans son parti, et au sein de son Internationale.
Ses proches, famille et camarades, vous invitent à un dernier hommage ce jeudi 30 avril 2025 au crematorium d’Uccle : avenue du Silence 61, 1180 Uccle. Rendez-vous à 12h15
Camarade Jan Talpe : jusqu’au socialisme toujours !
Dear friends,
Dear comrades,
The Ligue Communiste des Travailleurs (LCT), the Belgian section of the International Workers’ League – Fourth International (LIT-QI), wishes to inform you of the passing of our comrade Jan Talpe.
Jan passed away on April 23, after decades of commitment to the class struggle, resolutely standing with the working class in all its struggles, big and small. A staunch internationalist, he was active in Brazil, Argentina, Germany, and Belgium.
Despite repression, he always remained true to his revolutionary positions, which he defended to the very end within his party and within his International.
His loved ones, family, and comrades invite you to a final tribute Thursday the 30th of April, at the Crematorium d’Uccle, avenue du Silence 61, 1180 Uccle. Meet at 12.15 pm.
Comrade Jan Talpe! Long live socialism!
Queridos amigos y amigas,
Queridos compañeros y compañeras,
La Ligue Communiste des Travailleurs (LCT), sección belga de la Liga Internacional de los Trabajadores – Cuarta Internacional (LIT-QI), desea comunicarles el fallecimiento de nuestro compañero Jan Talpe.
Jan nos dejó el 23 de abril, tras décadas de compromiso con la lucha de clases, firmemente del lado de la clase obrera en todas sus luchas, grandes y pequeñas. Internacionalista convencido, militó en Brasil, Argentina, Alemania y Bélgica.
A pesar de la represión, siempre se mantuvo fiel a sus posiciones revolucionarias, que defendió hasta el final en su partido y en el seno de su Internacional.
Sus allegados, familiares y compañeros les invitan a un último homenaje este jueves, 30 de abril de 2025, en el crematorio de Uccle: avenue du Silence, 61, 1180 Uccle. Nos vemos a las 12:15.
¡Camarada Jan Talpe! ¡Hasta el Socialismo Siempre!
Voici le communiqué de la LIT-QI, suivi de l'adieu écrit par le camarade avant son hospitalisation
À tous les camarades de la Ligue internationale des travailleurs – Quatrième Internationale.
Nous informons tous les militants et sympathisants de notre organisation du décès du camarade Jan Talpe, membre de la LCT de Belgique et de la Commission internationale de morale. C'est une perte très douloureuse qui nous touche profondément. Non pas parce qu’elle a été inattendue ou surprenante, mais au contraire, parce qu’il s’agissait d’une décision consciente et que son dénouement a été une attente angoissante pour nous tous qui, pendant de nombreuses années, avons apprécié cet être humain et ce camarade exceptionnel et avons bénéficié de sa générosité sans limites, de ses capacités et de sa lucidité, de son humour fraternel et de son humilité.
C'est sans aucun doute notre doyen militant qui nous a quitté. À 92 ans, il est resté actif, organiquement organisé et discipliné jusqu'à ses dernières heures. Il n'a jamais prétendu être un dirigeant. Mais au cours de sa longue et intense trajectoire de vie et de militant, il a formé et construit des cadres révolutionnaires dans plusieurs pays et a apporté d'importantes contributions théoriques, qui ont été publiées par notre organisation internationale.
Son parcours idéologique, politique et géographique est saisissant. Né en 1933 en Belgique, en pleine montée du nazisme, au sein d’une famille catholique, élevé dans la « charité », il décida dès son plus jeune âge de consacrer sa vie à la prêtrise. Au cours de sa formation, outre une licence en théologie, il étudia la physique et obtint un doctorat dans cette discipline.
En tant que missionnaire au Brésil, à l’époque de la dictature de Castelo Branco, il a été bouleversé par les misères des masses exploitées et opprimées. C’est là qu’il s’est imprégné pour la première fois du marxisme. Il s’est radicalisé et s’est engagé de manière résolue et structurée dans la lutte des opprimés. Conformément à ses convictions, il s’est installé dans un quartier ouvrier. Les autorités des exploiteurs l’ont poursuivi et emprisonné pendant six mois. Une forte campagne menée en Belgique et à l’échelle internationale a permis d’obtenir sa libération, mais il a été expulsé.
Il n'a ni capitulé ni baissé les bras. Il a rompu avec l'Église et s'est lancé dans une nouvelle quête. Au cours de ce long périple, il est retourné en Amérique latine et s'est rendu au Chili après avoir rencontré en France Loli – la compagne de sa vie et mère de ses enfants –, qui participait à des actions contre la dictature de Pinochet. Il s'est ensuite installé en Argentine. C'est là, dans la banlieue de Buenos Aires, et dans le contexte de la guerre des Malouines, qu'il entra en contact avec la LIT-CI et participa à la fondation du MAS argentin dès ses débuts.
Une décennie plus tard, alors que les révoltes en Europe de l’Est et en URSS contre les effets de la restauration capitaliste représentaient une opportunité et un défi pour la LIT-CI, Jan et Loli étaient en première ligne et, avec leurs deux enfants, s’installèrent en Allemagne de l’Est. Là-bas, ils ont consacré d’énormes efforts aux côtés de l’« Équipe de l’Est » qui regroupait la région : de la Belgique et l’Allemagne à la Pologne, en passant par l’Ukraine et la Russie. La maîtrise de plusieurs langues par Jan et Loli en a fait un pilier fondamental pour de nombreuses traductions de textes et interprétations lors d’événements dans toute l’Europe et dans d’autres pays.
Notre chère camarade Loli est décédée en 2014 et nous nous souvenons tous d’elle comme d’une figure emblématique de la LIT-CI. Nous pourrions encore longuement évoquer le parcours exemplaire et inspirant de Jan jusqu’à aujourd’hui. Ce n’est qu’en janvier 2026 que l’État brésilien a accordé l’amnistie à Jan. Mais le plus bel hommage que nous puissions lui rendre aujourd’hui est de partager son message d’adieu :
« Chers camarades de lutte,
Mon état de santé se détériore de jour en jour, au point qu’il m’est de plus en plus difficile de rester en vie. J’ai décidé de partir. Et je vous dis adieu avec le sourire.
Un sourire d’avoir pu vivre. Vivre, comme l’un des 300 millions de mammifères dotés de capacités cognitives, sur une planète où cette espèce est menacée de disparition – comme les dinosaures ont disparu il y a quelques dizaines de millions d’années – si l’on ne met pas fin à cette calamité qui consiste à concentrer le confort des biens de consommation entre les mains d’une infime minorité disposant à sa guise des moyens de les produire, au lieu de favoriser le développement de ces derniers pour fournir des biens de consommation toujours plus nombreux et de meilleure qualité à l’ensemble des humains de la planète. Un sourire d’avoir pu participer à la lutte pour faire face à cette calamité.
Avec ma mère, j'ai appris à faire du bien à mon prochain, mais sans comprendre qui fait le mal. Et sans comprendre pourquoi il y a des « bons » et des « mauvais » voisins, selon l'endroit où ils sont nés ou selon les parents qui leur ont été assignés. Les « mauvais » étaient ceux qui volaient le travail des « bons ».
Au cours de ces neuf décennies – ou du moins depuis l’âge où, autour de moi, on disait « il peut déjà s’habiller tout seul » jusqu’à ce qu’on commence à dire « il peut encore s’habiller tout seul » –, j’ai appris que les « méchants » l’étaient parce qu’ils maltraitaient les « gentils », et qu’il y avait une lutte entre les méchants et les gentils. J’ai appris à choisir mon camp dans cette lutte. Je me suis rallié aux « bons » pour affronter les « méchants ». Et au cours de ces luttes, j’ai eu l’occasion de rencontrer des gens qui ont su mieux m’expliquer ce que c’est que « maltraiter ».
J’ai appris que « lutte de classe » n’est pas un gros mot. J’ai appris qu’« il y a des bourgeois et des prolétaires ».
J'ai choisi mon camp. J'ai étudié ce que cela impliquait, à partir de ce qu'un certain Karl et son ami Friedrich, puis Vladimir Ilitch et Lev Davidovitch ont expliqué, et de ce qu'ils ont fait en participant activement à cette lutte. Et aujourd'hui, à la veille de devoir mettre un terme à cette vie de lutte, je suis fier de m'être comporté pendant des dizaines d'années de manière essentiellement cohérente avec cela, conscient de mes faiblesses.
Un sourire parce que, pendant un demi-siècle, j’ai pu être accompagné par Loli, la mère de mes enfants, avec son combat dévoué et sans relâche, aux côtés de ces prolétaires, contre ces bourgeois.
Camarades de lutte, aujourd’hui, 20 avril 2026, je vous lâche la main, avec un grand sourire. »






