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Ligue Communiste des Travailleurs

Section belge de la Ligue Internationale des Travailleurs -
Quatrième Internationale (LIT-QI)

« L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. » K. Marx

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Le 9 octobre 2019

Victoire de la lutte : la justice argentine décide de la libération de Daniel Ruiz

Grâce à la campagne de mobilisation internationale, notre camarade Daniel Ruiz est libre, mais toujours poursuivi pour sa participation à la manifestation du 17 décembre 2017 contre la réforme des pensions et son procès a lieu le 18 octobre. Cette importante victoire doit nous encourager à continuer à nous mobiliser. En effet, Sebastian Romero ainsi que de nombreux activistes sont toujours poursuivis par la justice argentine.
Continuons à manifester notre solidarité en participant à la campagne financière, en achetant un autocollant de la campagne ou en faisant un versement au numéro de compte : BE83 6528 5492 2215

Restons mobilisés pour son acquittement complet !

Vive la solidarité internationale de notre classe !

 
Prisonnier politique, militant emprisonné à titre préventif depuis plus d'un an

PSTU, section brésilienne de la LIT-QI

Le Tribunal vient de décider, ce mardi 8 après-midi, de la libération du prisonnier politique Daniel Ruiz. Le travailleur du pétrole de la région de Chubut est en détention provisoire depuis septembre 2018 pour avoir participé à des manifestations contre la réforme des retraites de Macri en 2017, qui ont été sévèrement réprimées par la police. Maintenu emprisonné illégalement, Daniel Ruiz s'était vu refuser tous les appels par les tribunaux et ce sans même qu'une date ne soit fixée pour le procès.

Le 12 septembre, date qui marque l'année de son arrestation, le Réseau International de Solidarité et de Luttes des syndicats a appelé à une série de mobilisations en faveur de la libération immédiate de Daniel Ruiz. Plusieurs manifestations ont eu lieu devant les ambassades argentines à travers le monde, tandis que Ruiz entamait une grève de la faim pour exiger au moins une date de procès. Une première victoire fut que le tribunal fixa finalement la date du procès, qui devait avoir lieu le 18. La libération de Daniel Ruiz est un autre résultat de la mobilisation, mais nous devons continuer à nous battre pour son acquittement complet, ainsi que pour celui de tous les militants, y compris Sebastián Romero, qui continue d'être persécuté par la justice du pays.

Qui est Daniel Ruiz ?

Daniel Ruiz est le fils d'une famille ouvrière, son père était un ouvrier du pétrole. Orphelin sans père depuis l'âge de 8 ans, il a été élevé dans un quartier très pauvre et dans des conditions très difficiles.
Dès son plus jeune âge, il fut militant social dans sa ville natale de Comodoro Rivadavia, le centre pétrolier de la Patagonie argentine. À la fin des années 90' et au début des années 2000, il fut activiste et plus tard dirigeant du mouvement piqueteiro (des chômeurs organisés, identifiés par ce nom parce qu'ils utilisaient la méthode des piquets pour bloquer les autoroutes et l'accès aux usines).
Daniel dirigeait le secteur des piqueteros qui ne se battait pas pour une allocation sociale pour les chômeurs mais pour un travail décent. À partir de ce moment, il est devenu un militant révolutionnaire, rejoignant la section argentine du LIT-QI.
L'autogestion des usines faisait partie de la lutte pour un travail, ainsi que l'occupation de l'usine pétrolière Termap à Caleta Olivia (également en Patagonie) qui a duré plusieurs jours et a conduit à l'arrestation de près de 8 militants pendant près d'un an, dont trois camarades de notre courant. Quand il a commencé à y avoir plus d'emplois, il est allé travailler dans la viande surgelée et dans la construction jusqu'à ce qu'il puisse entrer dans le secteur pétrolier. Il entre dans le secteur du forage en travaillant dans la tête de puits, au milieu du désert de Patagonie, avec des températures inférieures à 0°C et au cœur des vents violents de la région.

Après un certain temps, il est élu délégué syndical de son secteur et, peu après, devient un leader reconnu de l'opposition, non seulement dans son secteur et dans sa ville, mais dans différents conflits et luttes où il est intervenu en apportant la solidarité, et en impulsant le renforcement de l'organisation et de la construction d'une nouvelle direction syndicale anti-patronale et anti-bureaucratique.

Au cours de ce processus, Daniel est devenu un important dirigeant national du PSTU (Argentine) et de la Ligue internationale des travailleurs – Quatrième Internationale (LIT-IQ).

L'un des derniers combats qu'il a dirigé en Patagonie est celui qu'il mena avec ses camarades pour faire face aux licenciements, occupant héroïquement des puits de pétrole pendant cinq jours en plein hiver. Il est en prison, mais la plupart de ses camarades travaillent grâce à ce combat, et ça, les patrons et la bureaucratie ne lui pardonnent pas.

Le 18 décembre 2017, il a participé, à Buenos Aires, avec son parti, à la grande mobilisation contre la politique de réformes qui portait atteinte aux droits des pensionnés. Cette grande mobilisation de masse a été brutalement réprimée par les forces de sécurité. Cinq manifestants ont perdu un œil et un nombre important de personnes ont été arrêtées et poursuivies. Même le juge en charge de l'affaire parle d'une répression exagérée.

Tous les accusés, ainsi que Sebastián Romero, toujours persécuté, et Daniel Ruiz, arrêté le 12 septembre, sont accusés du « terrible crime » d'y avoir participé et d'avoir défendu la mobilisation, en répondant à la répression brutale de la police avec les moyens dont ils disposaient. C'est le cas des feux d'artifice, traditionnellement emportés en mobilisation en Argentine.